Les gratte-ciel de Villeurbanne

26 septembre 2016

À la sortie de la guerre, Villeurbanne est une ville très industrielle où vivent principalement des ouvriers, dont un grand nombre issu de l'immigration. Dès 1929, le maire Lazare Goujon souhaite imposer sa ville comme une commune à part entière, bien différente de Lyon, dont elle est limitrophe.

La volonté de ce maire socialiste d'imposer un style propre, de montrer le bien fondé des théories socialistes et l'accroissement rapide de la population pousse la ville à chercher à se doter de nouveaux logements. Le choix sera fait de construire un tout nouveau centre urbain, autour de logements sociaux en gratte-ciel. S'adjoindront à ceux-ci un hôtel de ville, une maison du peuple, un centre téléphonique. Des commerces sont prévus au rez-de chaussée des immeubles.

Le chantier commence en 1931 et s'achève en 1934.


L'Avenue Henri Barbusse accueille les habitants avec deux grandes tours au pied desquelles repose une sculpture de Jules Pendariès,Le Répit de l'agriculteur, symbole fort de la recherche de bien-être associée à l'habitat.


L'architecture

Le maire Goujon, médecin de profession, est très sensibilisé à l'hygiénisme. Il lutte contre l'insalubrité des logements les plus pauvres et promeut une recherche de conditions de vie plus saines. C'est l'architecte Môrice Leroux qui est choisi pour coucher sur le papier et bâtir un ensemble cohérent, en respectant un cahier des charges précis et un budget bien sûr limité, car il s'agit de logements sociaux. L'ensemble mesure 300 mètres de long pour 28 mètres de large.

Les gratte-ciel de Villeurbanne adoptent une forme en « redent », c'est à dire que les formes avancent sur la rue, puis se rétractent, formant une petite cour. Au niveau vertical, c'est le gradin qui est choisi, comme on peut le voir à Paris, dans les constructions de Henri Sauvage (Rue Vavin). Ces formes permettent une meilleure circulation de l'air et laissent plus de place à la lumière.

La structure, inspirée des buildings à l'américaine, toujours plus hauts, est métallique avec un remplissage en brique, ce qui permet l'alléger l'ensemble pour monter plus facilement.


Un ensemble d'une grande modernité

Les logements, d'une grande modernité, sont équipés de balcons individuels et de vide-ordures. Chaque numéro possède un ascenseur. Les portes, simples, sont presque intégralement vitrées (toujours dans la recherche de lumière) avec un petit travail de ferronnerie, que l'on retrouvera sur les garde-corps des escaliers.


Le centre d'appel

Le centre téléphonique, construit avant les logements, en 1926, montre bien la volonté de moderniser rapidement la ville. Sa taille est conséquente. Il abrite maintenant la Sécurité Sociale.


La maison du peuple

Occupée maintenant par un théâtre.


L'hôtel de ville

Il termine l'avenue Barbusse et est conçu, dans le détail (Leroux avait dessiné un plan général), par Robert Giroud. Le beffroi monte sans aucune humilité à 65 mètres.

Voir l'article complet sur l'Hôtel de ville de Villeurbanne


Source

Anne-Sophie Clémençon, chercheuse, dans une vidéo du CNRS, Étonnant gratte-ciel de Villeurbanne, réalisée par Marie Mora Chevais.



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