L'Art Déco au cinéma IV

18 mars 2019

Mis à jour le 17 avril 2019

Ce sont les films les plus anciens qui sont développés ici, sur cette quatrième page, les films des années 20 et 30 uniquement, tous muets ici, bien que le cinéma parlant fasse ses débuts en 1927 et bien sûr tous en noir et blanc, par définition. Dans ces années là, l'Art Déco n'est pas exhubérant et ne ressemble par forcément à ce que l'on connaît très bien aujourd'hui mais il commence à s'installer tout doucement ; il est synonyme alors de modernité..


Grand Hotel, 1932

Le film d'Edmund Goulding se passe dans un hôtel tout à fait moderne. Le réalisateur ne propose jamais de plans détaillés, ne s'attarde pas sur le décor de l'hôtel. Il faudra se contenter de captures d'écran sans gros détails visibles.


Laurel & Hardy - Blotto, 1930

Le titre a été traduit en français par Quelle bringue !. Nos deux compères comiques, à l'inverse de Charlie Chaplin, si classique, ont toujours su s'entourer d'une équipe proche de la modernité. Stan et Oliver ont rendez-vous au Rainbow club. S'en suivent moult quiproquos et situations comiques, l'un ayant pour tâche de trouver de l'alcool (en pleine prohibition) et l'autre d'échapper à la suspicion de sa femme. Après quelques recherches, je suis incapable de dire avec certitude si le décor du club est réel ou fictif. Vu sa complexité, je pencherais toutefois pour la première proposition. Je vous laisse vous faire un avis avec les images suivantes.


Feet First - Harold Lloyd, 1930

Dans le film Les pieds devant, Harold Lloyd se débat au dessus du vide, accroché à la façade d'un immeuble Art Déco. Autant l'immeuble new-yorkais existe (il n'est pas vieux à l'époque du film) autant les scènes du héros s'ébrouant dans le vide ont-elles recréé un décor simple avec un joli motif Art Déco.


Metropolis, Fritz Lang, 1927

Ce film allemand de 1927, adapté de l'ouvrage de Thea von Harbou est signé du réalisateur autrichien Fritz Lang. Il s'agit d'un film muet en noir et blanc qui utilise des moyens gigantesques pour un film de cette époque. Le budget est colossal, le nombre d'acteurs également. Des décors d'une taille impressionnante ont dû être érigés, des plateaux de tournage sur plusieurs étages ont dû être construits et de très belles maquettes ont été fabriquées. Voir l'article complet sur Metropolis.


Le Vertige, Marcel L'Herbier, 1926

Ce film n'a pas la même importance que l'Inhumaine (voir plus bas), car son décor n'a pas été créé par de grands noms de la décoration et l'architecture moderne de l'entre-deux-guerre. Je ne sais pas si l'on d'ailleurs parler d'Art Déco dans ce film car tout est assez flou ; l'auteur n'a pas réédité le coup de génie de son précédent film. Ainsi, j'ai pu extraire deux images qui se rapprochent de l'Art Déco. L'une tirée d'un palais, avec des fenêtres à pans coupés, de l'intérieur alors qu'elle ne sont pas de l'extérieur (les images d'extérieur sont réelles alors l'intérieur est un décor), et l'une extraite d'une de cabaret.


L'Inhumaine, Marcel l'Herbier, 1924

Ce film muet est un monument de l'Art Déco par ses décors de Mallet-Stevens et Fernand Léger et par ses costumes de Paul Poiret. Les images tirées du film ne sont pas de bonne qualité. Un article sur ce sujet, avec bien d'autres photos, verra bientôt le jour.


L'argent, 1924

Un film muet peu connu de Marcel L'Herbier, basé sur le roman d'Emile Zola. Il y est question de banques, d'investissements, d'escrocs (pardon pour le pléonasme), de la haute société... Ce qui est passionnant ici, c'est qu'il n'y a aucune tentative de situer les décors du film dans le contexte du livre, qui lui est antérieur de 32 ans seulement.

Ainsi, tout est révélateur de son époque. La banque est moderne, le club est moderne, la musique tourne autour du jazz et du music-hall, référence non dissimulée aux États-Unis.


Le film est disponible en intégralité sur Youtube (2h44). C'est une chance !



Aelita, reine de Mars, 1924

Pas vraiment Art Déco, je tenais à dire un mot de ce film muet incroyable pour l'époque, film soviétique du réalisateur Yakov Protazanov, inspiré du roman de Tolstoï. Je passe sur l'histoire, où il est question d'extra-terrestres. Il est surtout question de révolte. Le film utilise des costumes et des décors particulièrement osés et audacieux, parfois à la limite du cubisme.


La vidéo Youtube accessible gratuitement, dans sa version anglaise, Aelita, Queen of Mars.





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