Art Déco à Clermont-Ferrand

23 mai 2015

En dehors des immeubles des boulevards périphériques, dont nous avons parlé dans un précédent article, ce qui est frappant à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme (63), c'est l'absence de « quartiers » Art Déco, à l'inverse de la plupart des grandes villes françaises. Les immeubles d'habitation et autres constructions de la période sont disséminés dans tous les quartiers de la ville, dans le centre historique, au milieu des grandes avenues, dans les plus petites rues, en périphérie...

J'aimerais pour commencer vous parler de cet immeuble qui n'est certainement pas Art Déco mais qui réalise une parfaite transition entre Art Nouveau et Art Déco. Ce genre de construction, presque par définition, est daté des années 1910 ou du début des années 20. On note tout de suite la simplicité de la façade, sans être totalement dénudée, elle n'offre presque aucun artifice inutile et seuls les balcons viennent rompre la nudité des murs. Mais par contre, du sol au plafond sur les corniches, les balcons, les ferronneries, dans les motifs utilisés, tout n'est que rondeur. À aucun moment, les courbes ne sont cassées par un angle quelconque. Cet immeuble, qui n'est pas un cas isolé tout en restant assez rare, nous prouve que la rupture entre architecture d'avant-guerre et d'entre-deux-guerres n'est pas toujours aussi nette qu'on le pense.


Pharmacie L. Gros

Commençons par cet OVNI architectural. Cette pharmacie de la place Delille (qui est restée pharmacie pendant toutes ces années, c'est à noter !) ne peut qu'accrocher le regard, que l'on soit attiré par l'architecture ou non. On la doit à l'architecte Louis Jarier et à l'entreprise Gentil-Bourdet pour la céramique. Elle est fascinante à plus d'un titre : Pour commencer, elle est entièrement recouverte de mosaïque et ensuite, elle s'inspire de motifs et de sujets pris dans l'Egypte antique ou en tout cas, dans ce que l'on pouvait imaginer de l'Égypte antique à l'époque de sa construction, en 1922. J'ai pu lire à ce propos qu'il s'agissait d'un style néo-égyptien... il faut vraiment aimer les étiquettes pour aller inventer un tel néologisme ; ceci n'a aucun sens pour moi. D'ailleurs, s'agit-il d'Art Déco ou non ? Tout se défend...


Hôtel Ravel

Voici une autre façade entièrement recouverte de céramique, à la typographie si reconnaissable, cet hôtel de la rue Maringue.


Hôtel Blaise Pascal

Cet ancien hôtel de la rue Massillon, aujourd'hui transformé en appartements, a choisi d'exploiter la colonne. Il remet au goût du jour la feuille d'acanthe mais inversée, la tête en bas, et polychrome.


Hôtel Majestic

Encore un ancien hôtel transformé en immeuble d'habitation, qui héberge également des bureaux, pour faire la transition avec les nombreux immeubles à venir. Un fronton à étage et des bow-windows sur trois étages. Les ferronneries des balconnets exploitent le motif panier de fruits le plus commun.


Immeuble 27 rue Blatin

Ici, la céramique bleue et or a uniquement un rôle décoratif. Elle souligne les pans coupés en aplomb des fenêtres et exploitent joliment les motifs de fleurs et de vagues. Les ferronneries des balcons utilisent des motifs tout à fait originaux de colliers ou sautoirs qui croisent des cercles concentriques.


Immeuble 29 rue Lagarlaye

Mosaïque encore pour souligner le rez-de-chaussée de cet immeuble de cinq étages à la façade entièrement nue pour les étages.


Immeuble 33 rue Montlosier

L'architecte de cet immeuble de centre ville est Ernest Pincot, nom que l'on a déjà rencontré au 11 boulevard Duclaux. Ici, de simples incrustations de carreaux de céramique soulignent les ouvertures.


Immeuble 35 rue Blatin

Le motif central doré de la porte propose une variation sur la spirale.


Immeuble de l'avenue Charras

Maison 9 rue de Maringue

Je termine par cette construction originale. Peut-être une maison individuelle dans les années 20, peut-être deux appartements. La façade n'est pas mise en avant par la publicité très apparente du commerce mais si l'on en fait abstraction, on note les nombreux ornements en bas-reliefs. Nous avons les motifs floraux typiques de l'époque mais également des choses beaucoup plus classiques.

La maison est signée Bernard et Pouzadoux architectes et Moussie frères entrepreneurs.


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Jean-Baptiste Posté le 19 janvier 2016 à 17h54

Après recherches, le bâtiment du haut de la page est un ancien Prisunic, dû à l'architecte Valentin Vigneron.